CAMARADE



 Camarade

C’est toi qui grossis mon poème.

Toi qui voyages dans la confusion du soleil et dont les vagues se dérobent sous la barque. 

Toi qui collectionnes des ampoules sous la langue à force de broyer du vent. 

Tu traînes chaque jour tes bagages de lunes bleues sur des lacs asphyxiés, des océans noyés. Capitaine qu'on te nomme dans le naufrage de la nuit.

Camarade, c’est toi, avorton de l’abîme.

Tu enjambes les nuages, tu enjambes les eaux. Tu as la mer sous tes pieds et son sel sur ton cœur.

Tu chevauches un vent d'ouest,

là où le soleil est un doigt d'honneur

sur les fronts métissés.


Ta voix a goût d’orage dans les gorges des peuples. Et pourtant nul n’entend le tambour de ton souffle. Et pourtant nul ne voit ta couronne de plaies.

En vase à ta douleur s’offre

Mon cœur de poète

Et pour radeau d’espoir

Saisis toi de ma prose, planche de mots

Qui résiste aux vents contraires



Carl H. Burin

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