Tout de toi me manque




 Le temps ici est une horloge de fer

qui ignore le rythme de nos cœurs outre-froids.

Les hommes sont des épaves que la ville rejette,

Rendus à leurs foyers par un dernier sursaut,

l’âme exsangue de n’avoir été qu’un outil.


Je déteste la clarté factice qui bannit les étoiles,

et le mépris du repos, et l'absence  lourde du  voisinage.

et ces baigneurs d'orage aux joies désespérées.


Ici, tout se consomme, même le sacré du soir.

Et au milieu de cette mécanique atroce,

Ton absence est le seul mât auquel je me cramponne.

Tu me manques par-delà le désir et le souvenir,

tu me manques dans l’essence même de ce manque,

Comme si ma propre raison d'être était  exilée en toi.

Tout de toi me manque.


Auteure, Francesca Rosier

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