LA GRANDEUR D'UNE SOCIÉTÉ SE MESURE À LA FAÇON DONT ELLE TRAITE SES PLUS DÉMUNIS.
On reconnaît la grandeur d'une société, principalement à sa façon de traiter respectueusement ses éléments les plus faibles.
Les vieillards qui ont tout donné de leur vie pour atteindre un certain âge sur un quelconque bout du territoire, les personnes handicapées, (ou qui porte en elle un handicap) dont le sort de la vie leur a été tombé dessus, nos femmes enceintes, mères veuves au chômage, et pour finir nos enfants qui viennent au monde sans savoir où ils allaient mettre les pieds.
Les grandes sociétés ne sont pas devenues grandes par hasard, c'est le fruit de l'exercice scientifique qui bouillonne en leurs seins, à côté d'un minimum de valeur qui caractérise l'humanité dans sa forme la plus douce et la plus utile.
Notre société n'a plus d'âme, plus de sensibilité disponible par devant nos drames collectifs. Ce jeune homme qui s'est immolé au pied de nos ancêtres à vertière par devant une foule qui regarde et qui filme en est la preuve la plus tangible.
Ou encore, le peu de réaction majeure qu'à susciter cette démarche mystérieuse entreprise par ce jeune homme trentenaire, sur l'ensemble du reste de la société qui l'a observé de très loin, (contrairement à ce qui s'est passé au maghreb où une démarche similaire avait abouti à ce qu'on a appelé dans les années 2010 de printemps arabes ) c'est la preuve utile d'un pays de mort, circulant sur une terre en feu.
On dirait que le temps et la misère qui va avec en Haïti, à défaut de nous ravir complètement de notre humanité, a fini par la modifier dans son essence, l'être haïtien a été modifié, pour finir en produits humains basiques mis en très forte concurrence à la bestialité dans sa catégorie la plus folle et brutale.
Cette semaine le cris de l'icône littéraire haïtien, avouant ses difficultés à pouvoir se nourrir lui et toute sa famille sans l'aide de la Providence, et de quelques bon philanthropes amis, nous a prouvé à quelle point notre société a atteint un niveau catastrophique dans sa déchéance.
Un homme comme Frankétienne, qui a exercé presque tous les métiers que pouvait faire un homme, un homme comme Frankétienne dessiné en légende vivante pour ses toiles et ses grandes performances dans le monde littéraire francophone, mondial et contemporain.
Un homme comme Frankétienne qui est un éducateur dans l'âme , créateur d'école, directeur d'école, et professeur chevronné.
Un homme comme ce géant Mapou, au sein de toutes les nobles sociétés du monde, devrait normalement se retrouver dans le luxe que réclame son statut d'homme-au-grand-effort-effectué.
Un géant d'esprit ne quémande pas pour bien vivre au milieu de ce qui respecte assez fort leur statut d'être humain.
Si l'on fait ça au bois vert que représente Frankétienne, comment qualifier ce qu'on a fait au autres vieillards qui n'ont pas de nom pour afficher à leur image d'homme surpassé par les épreuves du temps voyageur.
Choqué pour Frankétienne. Oui, et avec raison en plus, mais que dire aussi de la façon dont nous traitons nos enfants, nos personnes à mobilité réduite, nos mères de familles seules et en chômage…
On se plaint très souvent qu'on nous traite de sauvage, qu'on nous traite de barbare à l'échelle planétaire.
Est-ce qu'on doit vraiment nous plaindre, quand on n'assume si faiblement notre humanité, quand on s'amuse à vivre en personne déshumanisée sur tous les points de vue possible et dans toutes les sphères de nos activités ?
Auteur, Moïse François,



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